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A board. Comme le tableau. Prof. Enfin voilà quoi.
(Bannière : Création/dessin d'Anne Montel, parce que c'est bô)
" Et parfois je m'extasie sur la grandeur des petits. "
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mercredi 6 juillet 2016
jeudi 23 juin 2016
Je songe à mon bonheur personnel, et personne à part eux et leurs yeux blablablablabla...
Ok, le titre paraît un peu blasé, mais j'ai de multiples sources de bonheurs personnels, pas d'inquiétude :-) C'est simplement la chanson que j'écoute actuellement (parce que j'aime bien Boulevard des airs, wala), et ça correspond un peu - beaucoup - au mood "fin d'année".
Plus que trois jours avec la classe que je suis depuis le début d'année, qui restera "ma" classe de 2015-2016. J'ai rencontré et accompagné une autre classe, mais n'ai pas eu le temps de forger autant de lien avec eux.
Demain. Jeudi prochain. Vendredi prochain. Et ce sera Year 2 over. On va se dire au revoir au portail et ils partiront l'esprit léger du haut de leur mètre vingt, comme si on allait se revoir le lendemain. Sauf que si je compte à peu près, nous avons passé 900 heures ensemble. Mas o menos. 900 heures partagées entre râlements, concentration, rires, réprimandes, découvertes, larmes, petits bobos, gros bobos, petits échecs et grandes réussites. Ils sont restés 900 heures à m'écouter - plus ou moins -, et j'en serais incapable aujourd'hui à leur place. Ils lisent mieux. Ils écrivent mieux. Ils me font des références à des trucs vus en début d'année. Ils me parodient lorsque je grogne "fichtre" pour rester polie. Ils rient avec moi quand je ne peux pas m'empêcher de rire à leurs interventions. Ils cherchent mon approbation, parfois. Ils me les brisent aussi parfois, mais ils cherchent à faire de leur mieux, contrairement à certains adultes qui ont oublié un peu cette dynamique. Bref. On va éviter le concerto de violons, je crois que ça me fera le même effet à chaque fin d'année. Je suis contente, je vais pouvoir me reposer un peu (trop). Mais merci de m'avoir donné le plaisir d'aller bosser quasiment chaque matin, bande de crapauds. <3
#LePointInstitution : Aujourd'hui, 23 juin 2016, 213 enseignants sont encore à répartir dans mon département. Une trentaine sera en poste sur des ouvertures (postes imprévisibles avant septembre). Le même nombre sera sur des congés également imprévus. Mais le reste attendra. Attendra parce qu'il semble trop compliqué de donner à des enseignants leur lieu d'enseignement de la prochaine rentrée. Je suis de ce reste. Et croyez-moi, si un jour j'ai le pouvoir de faire bouger les choses, je le ferai. Il ne me reste qu'à croiser les doigts pour être en poste sur une seule classe et garder le lien que l'on peut construire avec sa propre classe.
Year 3 is coming. Une petite inspection, toussa toussa. J'ai hâte.
jeudi 19 mai 2016
I need to talk to you about someone.
Il y a tout de même quelque chose que je ne peux pas passer sous silence, et qui restera de cette deuxième année. Ce quelque chose a deux prénoms, quatre bras, quatre jambes, et est haut comme trois pommes (et demi).
Toujours dans cette nécessité de l'anonymat, je les appellerai Tic et Tac. Soyons foufous. En même temps, ils ne sont pas beaucoup plus hauts que des écureuils de Hyde Park.
Je suis arrivée en début d'année en recevant d'emblée les étiquettes des élèves : "limitée", "enfant difficile", "tu verras lui il est chiant", et j'en passe. Pour Tic et Tac, ils étaient "épuisants, ne respectaient aucune règle, niveau scolaire très bas, rien n'est fait dans la famille...". (Famille qui en a aussi pris pour son grade mais pour le coup, il n'est pas de mon ressort d'exprimer un quelconque jugement. Même si comme tout bon humain, je n'en pense parfois pas moins, coucou les réflexes de jugements qui auto-rassurent.)
BON OKAY ILS ONT ÉTÉ ÉPUISANTS. MAIS PAS QUE. Merde.
De l'avis de certains collègues, "On n'est pas là pour les aimer.". C'est une notion qui m'échappe un peu, mais soit. Dans mon propre fonctionnement, je tâche de former une équipe avec mes élèves. Je suis là pour les accompagner, on apprend à se connaître, à s'apprivoiser, c'est cet "habitus" sur lequel j'ai bossé en rédigeant mon mémoire. Et il se trouve que je vais bientôt terminer ma deuxième année et que je fais déjà un constat : je quitte mes classes avec un profond attachement envers mes élèves. Tous. Même les plus discrets.
Bref, revenons à Tic et Tac.
Je les ai découverts en septembre. J'ai tout de suite comparé (oui, forcément) à mes anciens élèves et ils m'ont semblé tout à fait sages. Puis sont venues les (longues) semaines de test quotidien. Ce ne sont pas des "méchants" (si tant est qu'un élève puisse être méchant), ce ne sont pas des élèves qui sont dans le désir de faire mal, d'embêter. J'ai compris que pour Tic, l'agressivité était le moyen de communication familial, et que Tac était totalement livré à lui-même et à ses carences affectives. J'ai pourtant pu discuter avec des parents aimants et désireux de bien faire, pour l'un comme pour l'autre. Comme qui dirait, c'est la vie qui les a un peu mis là, quoi.
Mais restent ces difficultés : ils ne tiennent pas en place. Ils cherchent le conflit. Ils manquent concrètement de repères (quel jour sommes-nous? c'est l'heure de la cantine?). Tic est déconnecté de tout pragmatisme, Tac est tout plein de colère. Mais TOUT est fait pour que cela aille mieux. Nous avons mis en place des réunions, des interventions diverses, et c'est ce qui aide à tenir le coup : des choses sont faites.
Et maintenant, il me semble important de dire aussi ce qui n'a PAS été difficile avec eux.
- La fierté dans les yeux de chacun quand je les félicite pour un progrès même minime.
- Le sourire de Tic quand il me voit arriver le jeudi depuis que je suis à mi-temps.
- Le regard de Tac qui est inquiet et vient me poser des questions pour être rassuré.
- Leurs talents pour tout ce qui est "anti-scolaire" : le dessin, la culture, la finesse d'esprit, les jeux de mots, l'humour, l'affect.
- Le désir de Tac de tout BIEN FAIRE, d'aider, de ranger, de remettre en place les objets physiques pour pallier au bordel qui envahit son mental.
- Leur envie à tous les deux de faire plaisir. De réussir. De tenter. De se relever.
- Les blagues qu'ils ont su réceptionner du haut de leurs 7 ans.
- Leur absence totale de rancoeur quand j'étais fatiguée et totalement impatiente et que je les remettais dans leur case de "relou" connue jusqu'aux angles.
- Cette façon qu'à Tic d'être complètement dans sa bulle, et de ne jamais comprendre où est le problème (j'ai eu beau le gronder, j'ai très souvent eu envie de rire). Et de parler avec un langage plus développé que l'ensemble de ses camarades réunis.
- Cette tête lourde qui se pose sur mon épaule quand l'un s'endort dans le car.
- Cette confiance inébranlable dans leurs yeux.
Ils m'auront épuisée. Mais au vu et au su des progrès qu'ils ont chacun fait, j'aurai au moins la fierté de les avoir globalement ôtés de leur case le temps d'une année. Je n'aurai aucun poids sur les années à venir, mais j'espère qu'ils s'en sortiront car ce sont deux enfants brillants. Ils ne sont juste pas scolaires. Et dans ces cas-là, il faut juste tâcher de rendre leurs journées moins longues.
TO MY FUTURE-SELF :
- J'espère que tu as réussi à ne jamais tenir compte des boîtes dans lesquelles on range les élèves d'une année sur l'autre. C'est l'un des actes les plus nocifs qui soient. Et qui les suivra jusque tard. And you know what i mean.
dimanche 15 mai 2016
Year 2.
Fichtre, ça fait longtemps.
Un an de White blank page. Je pensais réserver ce blog à ma première année d'enseignement, et puis j'ai eu beau chercher un nouveau titre, je n'ai pas trouvé. Du coup, je me suis dit que j'allais poursuivre celui-ci. Qu'y mettre ? La même chose qu'avant : mes jours de maîtresse, mais pas que. Tout se croise toujours.
Dans 3 mois, je débuterai ma troisième année d'enseignement. Mais j'aimerais tout de même résumer le joyeux cafarnaüm qu'a été cette deuxième année. Joyeux car chanceux, tout de même.
J'ai appris le 31 août quelle serait l'école où j'enseignerai de septembre à ...mars. Il a fallu trouver un logement, faire des aller-retour incessants, ce qui a créé un début d'année mouvementé, mais j'ai survécu. Une petite école de campagne où je serai "titulaire à titre provisoire" sur un congé parental. Titulaire à titre provisoire. Oui parce que "remplaçant", ça demande de payer des indemnités de déplacement, donc on évite ça à l'inspection, lolol.
Le point chance : même niveau que Year 1.
J'ai bien mis 3 mois à me faire à cette nouvelle équipe, beaucoup trop mélancolique de mon année passée et un peu carrément déprimée car l'année ne s'était pas bien terminée à titre personnel. Et en fait, je comparerai probablement très longtemps cette année à un canot de sauvetage. Je resterai "La p'tite" pour ces collègues en âge d'être mes parents, qui m'ont apporté conseils et indulgence malgré quelques accrochages. Cette classe était d'un calme sans nom comparée à celle de ma première année.
Pourquoi? Déjà l'effet de l'expérience ? Non. Un lâcher-prise. Quand les malheurs personnels prennent tant de place que tu te rends compte que le boulot est là pour t'apporter des choses. J'ai lâché prise, je me suis beaucoup moins mis la pression, et ça ne s'en passait que mieux. J'ai rencontré des nouveaux élèves et ai réalisé que ce sera sûrement la même histoire tout au long de ma carrière : commencer septembre en se disant que notre ancienne classe nous manque, et former une nouvelle équipe par la force des choses.
C'est drôle, j'ai encore atterri sur soit-disant "la pire classe de l'école". Mais les gars, non. L'école de campagne, c'est un délice. Pas ou peu de conflits sur la cour, des moyens et un matériel de fou, un cadre posé et respecté... J'ai passé des semaines ébahie par cette ambiance, que je trouvais totalement rétrograde les premiers jours. Je n'ai que deux années d'expérience, mais je peux déjà me dire que j'ai passé une année génialement riche.
Depuis mars, je suis à mi-temps sur deux classes, dans deux écoles différentes. Un ce1, un ce2, un cm1, un cm2. Quand je vous dis que c'est riche. J'avais peur des "grands", mais ils sont encore si petits. Mon changement d'état d'esprit m'a permis de m'adapter, malgré la peur et les moments de maladresse encore débutante. Oui, je continue d'oublier des choses et mes qualités d’organisation sont toujours lamentables.
Il y a ces visages qui resteront toujours. En soit, j'oublierai peut-être quelques élèves (pardon à eux), mais je serai capable de m'en souvenir si on me met leur photo sous le nez. Par contre, comme l'an dernier, il y a ceux que je n'oublierai pas. Parce qu'ils sont vifs, parce qu'ils ont vraiment une vie de merde, parce qu'ils sont attachiants, parce qu'ils m'ont saoulée ou fait rire.
- R. CE1. L'exact opposé d'un élève "scolaire", brillant et déconnecté. Relou mais tellement drôle.
- J. CE1. La définition de l'attachiant. Celui qui a plus de fatigue dans les yeux en 7 ans que moi en 25. Il a eu beau taper et m'emmerder, on a tellement avancé.
- J. CE1. Une spontanée. La bonne élève. Je saurais pas expliquer.
- G. CE2. Une légère projection de moi, enfant. C'est peut-être ce qui a pu m'agacer parfois.
- A. CE2. La gentillesse.
- R. CM1. Le piquant, l'espiègle, le relou. Qui parcourt tout de même le couloir juste pour dire "à lundi, maîtresse."
- S. CM1. Le besoin insatiable d'attention. Le fourbe. Mais je t'ai grillé, mon gars. Je sais ce qu'il y a derrière tout ça, je l'ai vécu.
- B. CM2. N'ira pas en 6ème. Un peu amoureux de son adorable voisine. La limite de notre champ d'action.
- K. CM2. Le spontané. Le qui-ne-correspond-pas-à-son-prénom.
Et leurs parents. Ah, leurs parents. Je pense qu'on tient un bon sujet de mémoire, là.
Et surtout, tous les autres. C'est peut-être une des dernières années où j'aurai eu une "classe fixe" avant quelques années où je serai baladée d'école en école. Et c'est finalement ce qui me manquera le plus. Parce que former une équipe avec ses élèves, c'est un peu la base d'une excellente année. Et si j'ai pu leur apporter ne seraient-ce que 2-3 nouvelles choses cette année, sur le plan scolaire et personnel, j'aurai réussi.
Petit florilège des choses qui m'ont marquée cette année, pour compléter ce résumé :-) En plus de mon cahier "Brèves de couloirs", à creuser et à poursuivre les années à venir. Désordre chronologique garanti, dû à ma superbe gestion des technologies et à mon téléphone aux capacités so 2014.
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| Et ça c'est quand je pensais quitter l'école, en fait je suis restée les embêter, mouarf. |

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| Si si c'est la meyer biaire j'te jure. |


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